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Mesurer ce qui compte : pourquoi le Maroc a besoin de son propre indice de vitalité entrepreneuriale

By MoorInnov Editorial Team · 20/07/2026

Mesurer ce qui compte : pourquoi le Maroc a besoin de son propre indice de vitalité entrepreneuriale

**L'essentiel en une phrase **: le Maroc dispose déjà de tous les ingrédients — un label officiel, des cohortes GITEX, un capital-risque naissant — mais aucun indicateur composite ne les relie ; sans cet indice, décideurs et bailleurs pilotent à l'aveugle.

Le constat

Depuis juin 2026, l'Africa Entrepreneurial Ecosystem Index (AEEI), porté par l'Allan Gray Centre for Africa Entrepreneurship, Utrecht University et l'Innovation for Policy Foundation, offre pour la première fois un cadre continental à 21 indicateurs pour comparer les écosystèmes africains. C'est un progrès réel — et une occasion manquée si le Maroc se contente d'y apparaître comme une ligne parmi 30 pays, sans déclinaison régionale.

Le pays a par ailleurs cumulé, en quelques années, plusieurs strates de reconnaissance officielle des startups (label Jeune Entreprise Innovante depuis 2019, cohortes Morocco 100 et 200 pour GITEX Africa, plus de 600 structures d'accompagnement répertoriées) sans qu'aucun instrument ne mesure si cet empilement produit réellement plus de vitalité économique, ou seulement plus de labels.

Pourquoi c'est le moment (horizon scanning, 1-3 ans)

Trois signaux convergent : la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030 poussent l'État à structurer plusieurs secteurs économiques sous pression de visibilité internationale ; l'AEEI crée un précédent méthodologique réplicable à l'échelle régionale ; et les bailleurs de fonds (DFC américaine, Global Gateway européen) cherchent des points d'entrée pays lisibles pour orienter leurs financements — un indice régional marocain deviendrait cet point d'entrée.

Recommandations

  • Aux pouvoirs publics (ADD, ministère du Transition numérique) : commanditer une déclinaison régionale de l'AEEI plutôt qu'un indice concurrent — la comparabilité internationale est un actif, pas une contrainte.
  • Aux bailleurs : conditionner une partie du financement de l'écosystème à la production de données de financement et de relations (aujourd'hui quasi inexistantes dans les registres publics marocains), condition sine qua non de tout indice crédible.
  • Aux plateformes de données existantes (registres ADD, annuaires communautaires) : adopter un format ouvert commun pour que les futurs indices n'aient pas à recommencer une collecte manuelle depuis zéro.

Méthode

Note construite selon un balayage STEEP + horizon scanning (école anglo-saxonne, horizon 1-3 ans), le format le plus adapté à un enjeu en décantation politique rapide plutôt qu'à une rupture structurelle de long terme.

Références

  • Stam, E., Nkontwana, P., McDonald, R., Murenzi, R., Addo, K. A., Bayuo, B., Baah, B., Riezebos, S., & Gelissen, T. (2026). Measuring national entrepreneurial ecosystems in Africa. World Development, 202, 107357.
  • Leendertse, J., Schrijvers, M., & Stam, E. (2022). Measure twice, cut once: Entrepreneurial ecosystem metrics. Research Policy, 51(2), 104336.
  • Crotti, R., Potter, J., Shah, P., & Stam, E. (2025). Data and methods for entrepreneurial ecosystem diagnostics. OECD SME and Entrepreneurship Papers.
  • Bell-Masterson, J., & Stangler, D. (2015). Measuring an entrepreneurial ecosystem. Kauffman Foundation Research Series.